Fantastic Park

Les dinosaures ont décidé de sa vocation


Posté le 16.10.2021


 

C’est en dévorant des films fantastiques, dont le premier Jurassic Park, que le catalan Juan Antonio Bayona est devenu un maître du genre. Avant de le dépasser ?

 

Almodovar est l’arbre qui cache la forêt de la cinématographie espagnole. Juan Antonio Bayona, 46 ans, n’a eu besoin que de quatre films pour réunir plus de spectateurs que Don Pedro n’en réunira peut-être jamais. Mais si l’on était en train de parler de boxe, on conclurait qu’ils ne tirent pas dans la même catégorie. 

Bayona triomphe depuis ses débuts en 2007 avec L’Orphelinat, dans le cinéma de genre pur et dur avec toujours une dimension poétique. Enfant, il aimait la peinture - Guernica et la période noire de Goya - et encore plus le cinéma “pour la source d’évasion qu’ils m’offraient”. Devenu adulte c’est lui qui la nourrit, comme dans Quelques minutes après minuit (2017) son film “le plus personnel” reconnaît le cinéaste, né de parents andalous dans le quartier populaire de la Trini, à Barcelone “où malheureusement il n’y avait aucun cinéma. On devait pousser plus loin pour trouver une salle, deux ou trois fois par an avec mes parents”. Superman sera son premier choc, il rêve toujours depuis d’en tourner un. 

Le père de Juan Antonio était dessinateur à une époque où les affiches réclamaient encore d’être peintes à l’entrée des salles. Le virus du cinéma commence à agir là et puis se répand “en feuilletant les revues spécialisées”. Puis c’est la découverte de Jurassic Park de Steven Spielberg en 1993 qui fonctionne comme un booster de vocation. “Ce qui m'a le plus frappé, c'est de réaliser que tout ce que nous imaginions pouvait devenir “réel” grâce aux effets spéciaux. On entrait dans une phase de révolution technologique”. vingt-cinq ans plus tard, le même Spielberg lui proposera de réaliser Jurassic World : Falling Kingdom.

 

bayona-redac© DR


Son père le pousse à entrer à l’ESCAC (Escuela Superior de Cine y Audiovisuales de Cataluña) ou entre deux cours il réalise des clips video par la scène pop espagnole. Ses premiers contacts avec l’industrie, sont le fruit d’une supercherie de gamin. Il se fait accréditer au Festival du film fantastique de Sitges comme journaliste d’une radio locale qui bien sûr n’existait pas. « Mais c’est comme ça que j’ai pu interviewer Paco Plaza (réalisateur de REC), Jaume Balagueró (REC 2) ou le grand Guillermo del Toro » qui finira par produire L’Orphelinat

Le confinement a surpris J.A. Bayona en Nouvelle-Zélande où il réalisait une série d’après Le Seigneur des anneaux pour Amazon. L’action, inédite, se situe dans une période antérieure à celle dépeinte dans la trilogie de Peter Jackson. Mais beaucoup attendent avec curiosité le moment où Juan Antonio osera s’affranchir du pur cinéma de genre. Tous les grands cinéastes contemporains issus du fantastique (Coppola, Spielberg, Lynch, de Palma) l’ont fait avant lui. A suivre !

Carlos Gomez

 


Nuit Jurassic

Halle Tony Garnier sa 16 21h

Jurassic Park de Steven Spielberg (1993, 2h02)

Le Monde perdu : Jurassic Park de Steven Spielberg (The Lost World: Jurassic Park, 1997, 2h09)

Jurassic World de Colin Trevorrow (2015, 2h08)

Jurassic World: Fallen Kingdom de Juan Antonio Bayona (2018, 2h08)

 

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